Histoire explicative de l'origine du peuple Adjoukrou est racontée diversement par les vagues successives qui ont formé l'identité collective Adjoukrou.

On distingue trois souches principales ayant participé à la constitution de l'ethnie Adjoukrou.

Nous avons d'abord une souche occidentale avec un rameau primitif qui comprend les villages de Bonn, Boubouri, Débrimou, Armébé, Mopoyem, Lokpou, Agneby, Gaty, Cosrou, Toukpa, Agbaille, Awiya, Youlil, Kaka, Lidj-Nanou, Niam-Niambo et un rameau secondaire comprenant les villages d’Orgbaf-Edjem, Kpass, Bodou, et Kpanda. Ensuite nous avons une souche orientale avec un rameau primitif formé des villages de Aklodj-Rogaf et Aklodj et un rameau secondaire qui comprend les villages de Ousrou, Gbadj'n, Yassap, Gbougbo, Okpoyou, et Orgbaf.Et enfin, nous avons une souche centrale constituée des villages de Lokp-Agninabo, et Tchaha.

D’après Harris Foté Mémel (1980) le célèbre sociologue ivoirien, les premiers villages Adjoukrous ont été fondés dans la région par les populations venues de l’ouest. Plus tard, avec la migration des peuples Akan, des familles de culture akan s’agrégèrent peu à peu à ces populations. Leur civilisation fut peu à peu dominée par des traits culturels akan. Ainsi, les Adjoukrous semblent être passés de la succession patrilinéaire à la succession matrilinéaire.

Ils séjournèrent longtemps en pleine forêt, vers Gagnoa et Divo. C’est sous la pression des Bétés qu’ils traversèrent le Bandama pour s’établir sur la lagune autour de la savane de Dadou. Ce mouvement remonte aux environs de la fin du 15e siècle. A leur arrivée la région était occupée par des populations d’agriculteurs –pêcheurs. Les autres lagunaires (Ebriés et Akyés) trouvèrent sur place les groupes Adjoukrous les plus anciens (Obonou, Armabou).

Les Adjoukrous passèrent un traité d’alliance avec le capitaine Faidherbe, en 1852. Un fort français fût construit ; c’était la future ville de Dabou.

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Le peuple Adjoukrou se caractérise par des pratiques culturelles traditionnelles auxquelles il reste attaché, malgré les évolutions liées au modernisme. Au nombre de ces traditions figure la fête de Low, célébrée sur une durée de 3 à 5 semaines et qui concerne les jeunes hommes âgés de 20 à 22 ans. Ceux-ci acquièrent le statut d’adulte à l’issue de la cérémonie et ainsi, l’aptitude à assumer des responsabilités sociales et le droit de participer à une guerre éventuelle à laquelle ferait partie le village.

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Il y'a le dédiapké ou la fête de la puberté reserve aux filles lorsqu'elles atteignent l'âge de la puberté. Vêtue de beaux vêtements et de bijoux elles font la fierté de leur famille et des festivités sont organisées en leur honneur. Aghandji ou la fête de la richesse fêté par ceux qui ont atteint un certain niveau social, ils célèbrent leur réussite sur le plan financier en exposant leurs bijoux et autres.

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L'ebed qui est la fête de la vieillesse, elle est organisée en honneur des patriarches.

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La structure sociale est basée sur Le système des classes d'âge qui est  l'organisation sociale fondamentale. Elle a un rôle social, politique, économique et militaire. Chaque citoyen Adjoukrou appartient pendant toute la durée de sa vie à une classe d'âge bien déterminée. On accède aux classes d'âge après une cérémonie initiatique appelée `'low''. Chaque classe d'âge et chaque sous-classe d'âge ont à leur tête un chef appelé `'milow''.

Enfin les atouts du climat et de l'environnement géographique ont favorisé chez les Adjoukrou l'utilisation de ressources multiples.Cependant, traditionnellement, les Adjoukrou n'étaient pas des cultivateurs et leur économie avait pour fondement la cueillette et la chasse.Grâce aux commerces avec les populations lagunaires (Ebrié et Alladian), les Adjoukrous se sont adaptés aux techniques de pêche et à la culture du manioc pour donner `'l'attiéké''.

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Saisissant la richesse du sol et les vertus de la forêt, ils ont développé la culture du palmier et la palmeraie hier comme aujourd'hui, reste la principale source de revenu aussi bien pour des particuliers, les familles que pour le village. L'importance accordée à la palmeraie lui vaut autour d'elle, l'organisation des rapports sociaux de production et la structuration des rapports de parenté. En effet, la gestion des palmeraies familiales relève de l'autorité du doyen d'âge du matrilignage, c'est-à-dire le plus âgé de la famille. Le doyen d'âge a pour fonction de répartir le travail, de veiller à l'exécution effective des tâches et de redistribuer les revenus engrangés par la palmeraie.